ZICO Tadoussac
Tadoussac, Québec
Résumé de Site
QC085 Latitude
Longitude
48,143° N
69,659° O
Altitude
Superficie
0 - 60 m
14,74 km²
Habitats:
forêt mixte (tempérée), arbustes ou brousailles, vasière saline, dune de sable ou plage (côtière)
Usages:
Conservation de la nature et recherche, Foresterie, Loisir et tourisme, Terrain urbain, industriel ou servant au transport
Menaces potencielles ou existantes:
déforestation, pêcheries, espèces introduites, autre menace (diminution de la qualité de l'habitat), autre menace (événement), déversements d'hydrocarbures, loisir et tourisme
Catégorie: significative au niveau mondial: espèce(s) grégaire(s), significative au niveau continental: concentrations de rapaces, significative au niveau national: espèce(s) grégaire(s)
Status de protection: Plan de conservation des ZICO terminé ou en progrès, Parc provincial (incluant parc marin), Zone d'intervention prioritaire (Québec)
Accès réservé pour les coordonnateurs des ZICO
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Description du site
Le site est situé à l'est de la rivière Saguenay, à 4 km au nord-est de Tadoussac, et s'étend de la pointe aux Vaches à la baie du Moulin à Baude, sur la rive nord du Saint-Laurent. Il côtoie un ancien delta de la rivière Saguenay et comprend le secteur intertidal sablonneux qui se déploie partir de ce dernier. L'habitat, qui est largement ouvert, présente plusieurs peuplements de petits arbustes et quelques secteurs pourvus de conifères, de bouleaux à papier et de peupliers faux-trembles. Ces parcelles boisées poussent principalement dans les endroits plus élevés qui bordent le site.
Oiseaux
Tadoussac est renommé pour la diversité et le nombre important de rapaces qui peuvent y être aperçus lors de la migration automnale. Étant donné l'orientation du fleuve à cet endroit, les rapaces, ainsi que les autres oiseaux migrateurs venus du nord, préfèrent longer la côte avant de poursuivre leur route vers le sud. La migration des rapaces est suivie depuis 1992 à l'Observatoire d'oiseaux de Tadoussac. Chaque année, 16 430 rapaces en moyenne y sont recensés (la moyenne a été calculée à partir des résultats obtenus de 1993 à 1999). L'année record a été établie en 1999 avec 24 690 oiseaux, alors que 1996 s'avérait l'année la plus faible avec un total de 7009 seulement.

Il a aussi été observé que huit espèces de rapaces se retrouvaient en nombre significatif à cet endroit (les nombres ont été établis à partir des données obtenues de 1993 à 1999). Près de 747 Balbuzards pêcheurs peuvent ainsi y être aperçus entre la mi-septembre et le début d'octobre, ce qui représente un peu plus de 2 % de la population nationale. Le plus grand nombre de balbuzards qui ont été dénombrés en une journée a été de 146, le 30 septembre 1992. L'Épervier brun obtient, quant à lui, une moyenne de 5178 individus, un chiffre qui équivaut à environ 2 % de la population canadienne. Il est à noter que le rare Autour des palombes atteint lui aussi un nombre significatif au niveau national avec une moyenne 236 individus observés. Le plus grand nombre d'autours qui ont été recensés en une seule journée a été de 57 individus, le 4 octobre 1992. En ce qui concerne la Buse à queue rousse, on a évalué sa moyenne à 6377 individus, ce qui représente tout près de 2 % de la population de l'Amérique du Nord. Quant à la Buse pattue, elle atteint une moyenne de 518 oiseaux, ce qui correspond à 1 % de la population nord-américaine. Le plus grand nombre de Buses pattues qui ont été observées en une seule journée a été de 138, le 19 octobre 1993.

Parmi les faucons, deux présentent un nombre significatif au niveau mondial. Il s'agit du Faucon émerillon, qui, avec quatre années d'observation, obtient une moyenne de 197 oiseaux, ce qui correspond à près de 2 % de la population nord-américaine, et du Faucon pèlerin de la s.e. anatum, une espèce menacée au niveau national, qui atteint une moyenne de 54 oiseaux pour les sept années d'observation, ce qui équivaut à environ 1 % de la population en Amérique du Nord. Enfin, la moyenne de quatre années de recensement calculée pour la Crécerelle d'Amérique donne 1588 oiseaux, ce qui correspond à près de 1 % de la population canadienne et fait d'elle une autre espèce présentant un nombre significatif au niveau national.

Parmi les autres espèces de rapaces qui fréquentent le site, on retrouve l'Urubu à tête rouge (rare), le Pygargue à tête blanche (en moyenne 70 individus par automne), le Busard Saint-Martin (en moyenne 285 individus par automne), la Petite Buse (en moyenne 1017 individus par automne), l'Aigle doré (en moyenne 57 individus par automne) et le Faucon gerfaut (rare).

Enfin, quantité d'autres espèces peuvent aussi être observées à ce site. À l'automne, ce sont des milliers de Mouettes de Bonaparte et tridactyles qui peuvent ainsi être aperçues, sans oublier les nombreux Pics à dos noir et tridactyles, parulines et bruants. On y compte également plusieurs Nyctales de Tengmalm et Petites Nyctales (la moyenne de trois années d'observation, de 1997 à 1999, a établi le nombre d'individus à 220). Le printemps est, quant à lui, surtout caractérisé par la migration de la sauvagine et des parulines, mais le site accueille aussi plusieurs espèces nicheuses : plusieurs espèces de parulines ainsi que d'autres espèces comme le Junco ardoisé et le Bruant à gorge blanche.




IBA Criteria
EspèceT | A | I Liens Date Saison Nombre G C N
Canard noir 1999 FA 7 000
Eider à duvet 2017 FA 13 000
Faucon pèlerin 1993 - 2017 FA 10 - 80
Garrot d'Islande 2004 - 2015 FA 35 - 50
Garrot d'Islande 1981 - 2017 SP 40 - 110
Garrot d'Islande 1976 - 2017 WI 35 - 1 156
Goéland arctique [glaucoides ou kumlieni] 1981 - 2015 FA 1 168 - 2 000
Goéland arctique [glaucoides ou kumlieni] 1992 - 1993 WI 1 250 - 6 000
Goéland argenté 1981 - 2004 FA 2 850 - 10 000
Goéland marin 1996 FA 1 525
Harelde kakawi 2015 - 2016 FA 7 600 - 15 850
Harelde kakawi 2011 SP 12 000 - 27 900
Harelde kakawi 1987 - 2016 WI 8 350 - 24 000
Macreuse à bec jaune 2015 - 2016 SP 3 000 - 6 500
Mergule nain 2003 - 2017 FA 9 - 811
Mergule nain 2003 WI 12 000
Mouette de Bonaparte 1997 - 2017 FA 3 000 - 7 200
Mouette de Bonaparte 2016 SP 3 850
Mouette de Bonaparte 2016 SU 4 750
Mouette pygmée 1993 - 2017 FA 2 - 10
Mouette pygmée 2015 - 2016 SP 2 - 3
Mouette pygmée 2016 WI 5
Quiscale rouilleux 1993 - 2017 FA 23 - 2 931
Quiscale rouilleux 2011 SP 46
Note: les espèces en gras dans ce tableau indiquent que le nombre maximum d'oiseaux à ce site excède au moins l'un des seuils de population (national, continental ou global). Il se peut que le site ne se qualifie pas à ce niveau de ZICO se nombre maximum correspondait à une observation exceptionnelle ou à une donnée historique.
 
Enjeux de conservation
L'Observatoire d'oiseaux de Tadoussac a été fondé en 1996 par un organisme à but non lucratif, Explos-Nature, dans le but d'amasser des données à long terme sur les populations d'oiseaux (spécialement les espèces nordiques) et de promouvoir l'éducation. Les premiers recensements ont été effectués en 1992. l'observatoire s'avère l'un des meilleurs endroits dans l'est de l'Amérique du Nord pour suivre la migration des rapaces nordiques, tels que la buse pattue, l'autour des palombes et la nyctale de Tengmalm. L'Observatoire travaille conjointement avec le Parc national du Saguenay afin de coordonner la mise sur pied de programmes de suivi d'oiseaux dans le secteur. Depuis 2008, le festival des oiseaux migrateurs de la Côte-Nord ainsi que l'activité Laissez-vous charmer par les nyctales ont attiré des milliers de visiteurs qui ont ainsi pu découvrir les oiseaux de la région. Le parc est aussi responsable de protéger l'environnement. C'est ainsi que la chasse est interdite sur son territoire et que certains secteurs, comme les terrasses de sable pourvues de végétation arctique, sont interdits aux randonneurs. Le parc prévoit également prendre des mesures concrètes pour réduire la circulation de véhicules récréatifs sur son territoire, compte tenu du niveau de détérioration qui a été constaté sur les versants et les saillies des terrasses deltaïques.
Habitat du Poisson
Le paysage du secteur est composé de marais salés, d'estrans rocheux, d'estrans vaseux, d'estuaires de rivières et de longues plages de sable. La rencontre des eaux froides et bien oxygénées, avec les eaux plus chaudes du Saint-Laurent, entraîne une biodiversité sous-marine hors du commun. Plusieurs espèces marines sont exploitées commercialement, tels le buccin commun, la mye commune, l'oursin vert, la mactre de Stimpson, le crabe des neiges et le hareng atlantique. En outre, la cueillette de la mye commune lors des marées basses est une activité récréative répandue dans l'ensemble de la région de la Côte-Nord. La rive nord de l'estuaire héberge également une variété d'espèces pélagiques occupant un rôle important dans la chaîne alimentaire, tels le capelan et l'éperlan arc-en-ciel qui sont aussi pêchés de manière récréative.

L'habitat du poisson est touché par l'érosion côtière, le développement résidentiel, le harnachement de rivières et la villégiature. De plus, la présence d'industries affecte la qualité de l'eau par le rejet de substances polluantes. Le Saumon atlantique est sujet à la contamination par bioaccumulation des résidus d'alumineries.

Principales espèces présentes :
Capelan
Crabe des neiges
Hareng atlantique
Mactre de Stimpson
Mye commune
Oursin vert
Saumon atlantique
Flore
La salinité des eaux du Saint-Laurent conditionne fortement la flore des habitats côtiers de la région. Les marais salés sont dominés par la spartine étalée, la spartine pectinée, le fétuque rouge et le carex paléacé. On y retrouve également, dans des proportions variables, une panoplie de plantes typiques du littoral estuarien : gesse maritime, livèche écossaise, Caquillier édentulé, glauce maritime, etc. Dans les zones submergées où le substrat est fin et le courant faible croît la zostère marine. Les herbiers de zostère abritent une biodiversité étonnante : mollusques, crustacés, poissons… qui attirent leur lot de prédateurs. De nombreux oiseaux piscivores, tel le grand héron, viennent y pêcher leur repas. La bernache cravant, quant à elle, entretient un lien étroit avec ce milieu puisque les parties souterraines de la zostère marine sont à la base de sa diète.

La perte d'habitats, que ce soit en raison d'interventions humaines (drainage des milieux humides, constructions de routes, étalement urbain, etc.) ou causée par des phénomènes naturels (érosion côtière), cause des pressions importantes pour la flore. De même, la pollution des eaux et les risques de déversements d'hydrocarbures demeurent des enjeux préoccupants pour la flore et la faune du secteur.

Principales espèces présentes :
Caquillier édentulé
Carex paléacé
Fétuque rouge
Gesse maritime
Glauce maritime
Livèche écossaise
Spartine étalée
Spartine pectinée
Zostère marine

Le programme des ZICO est une initiative de conservation internationale coordonnée par BirdLife International. Les co-partenaires canadiens du programme des ZICO sont Oiseaux Canada et Nature Canada.
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